Mardi 19 octobre 2010 2 19 /10 /Oct /2010 11:27

Lors du départ des dernières Soeur du couvent des Chanoinesses de Jupille en juin 2010, la Commission d'Histoire locale de Jupille a hérité en quelque sorte de documents d'archives du patronage Saint-Joseph de Jupille.

 

Il nous a semblé intéressant de consacrer dans notre blog un article sur ce mouvement de jeunesse actuellement disparu.

 

En lisant ces archives ( composées de différents registres, de photos souvenirs, et de plusieurs témoignages), j'ai opté pour y voir figurer le témoignage d'une ancienne du dit "Patro". Il s'agit de feue Jeanne Doyen, entrée au patronage en question en l'an 1911, comme vous allez pouvoir le constater dans le texte qui suit.

 

Patro02

 

Patronage Saint-Joseph 1888 - 1988.

 

"Ce sont surtout des souvenirs d'enfance qui me restent, parce qu'ils m'ont davantages frappés.

 

C'est par une voisine, venue demander à mes parents de nous permettre d'aller avec elle au Patronage chez les Soeurs, que nous nous y sommes rendues. C'était en 1911, j'avais 7 ans et demi et ma soeur 6 ans (nous y sommes restées jusqu'en 1932).

 

A cette époque il se tenait à l'école Saint-Amand.  Nous nous y sommes de suite plues : rondes, jeux bien organisésn chants, balançoires, échasses etc.

 

C'était "une grande" : Babette Brisko, qui s'occupait des petites comme nous.  Elle était sévère, mais nous l'aimions bien.  Sa soeur Marie s'occupait des grandes.

 

Le Patronage commençait à 13h30.   A 15 heures, on nous conduisait aux Vêpres à la paroisse.  Les rangs étaient conduits par Soeur St-Gérôme et  Soeur Stéphanie.  On rentrait et on goûtait  (on apportait son goûter et nous avions du café).  A 18 heures c'était la fin, on disait la prière et on retournait chez soi.

 

En 1914, on a fêté le 25ème anniversaire du Patronage et on inaugurait en même temps les nouveaux bâtiments de l'Externat St.Pierre Fourier; ce fut très beau, Monseigneur Rutten était là.

 

En août, ce fut la guerre, les bâtiments furent occupés par l'Armée belge, puis par l'Armée allemande.

 

Le Patronage se faisait au couvent.  Dès la libération des locaux, la vie s'est organisée, on était plus nombreuses et réparties en sections: Enfants Jésus, St.Augustin etc.

 

La Directrice était Mère Emmanuelle : elle avait la confiance et l'affection des plus petites jusqu'aux grandes, mais également des parents.  Sa mort en 1916 fut une grande perte pour nous mais également pour la paroisse, car elle était très populaire et très compréhensive des besoins des gens. (Elle était de Seraing)  Elle a été pleurée et profondément regrettée.

 

Je dois dire ici également que pendant toute la durée de la guerre, l'accent était mis sur l'amour de la Patrie et le courage des soldats au front de l'Yser : chants, pièces de théatre etc. exaltaient le patriotisme.

 

La guerre finie, les délassements changent, il y avait toujours les chants, les fameux tournois de jeux de balle entre les sections de St-Louis et Jeanne d'Arc (on appelait cela "jouer au camp") mais alors on pouvait danser; ce sont des pensionnaires qui venaient nous apprendre ces danses que l'on voit parfois dans les westerns, et aussi polka, valse etc.

 

En 1921, on a fondé une société de gymnastique: l'Ardente ; elle était dirigée par Monsieur Jacob qui était Directeur de la Vaillante, puis ce fut Monsieur Toussaint Mawet.  C'était très intéressant et amusant, on y apprenait aussi des danses folkloriques.

 

En 1930, avec l'Exposition de Liège, il y eut beaucoup d'absences, ce fut la fin de la gymnastique.  Et puis on était sollicité par d'autres distractions : cinéma, etc.

 

Chaque année, même pendant la guerre, le lundi de la Pentecôte était le jour de la grande excursion; nous étions conduites par une grande : Elisa  Baiwir.  Ce qu'elle nous a fait marcher, mais que de belles choses nous avons vues !

 

Il y aurait certainement encore beaucoup de choses à dire, mais il y a des personnes plus jeunes qui ont d'autres souvenirs.  J'ai seulement voulu donner une idée de ce que le Patronage était lorsque nous l'avions fréquenté.

 

Jeanne Doyen

rue de Meuse, 63    Jupille-sur-Meuse.

 

 

 

Une autre témoignage, anonyme,  parle d'une période un peu plus proche de nous.  Je ne vous en livre pas la totalité car il s'agit de 4 pages manuscrites, mais en voici un extrait .

 

Patro05

 

 

Une après midi au Patronage

 

Quand on arrivait à 1 heure et demie on trouvait Mère Saint Vincent de Paul près d'une table où étaient rangés tous les carnets de présences.  Chacune présentait le sien et disait à quelle messe elle était allée.  Du nombre de présences, résultait le prix de l'année.

 

On allait alors jouer, dans la première cour, aux balançoires, aux échasses, à la marelle ou à la balle.

 

A   2h45 , on partait pour le Salut à la paroisse, avec Soeur Stéphanie, où les grandes chantaient.

 

Après le salut, il y avait le goûter ; chacune apportait le sien et recevait une bonne tasse de café au lait.  Puis on jouait dans la cour jusqu'à 5 heures.  Les petites dans la première cour, tandis que les moyennes et les grandes s'activaient à la balle au camp ou au criquet; d'autres regardaient le sol, faisaient avancer la balle de bois dans les arceaux du croquet.

 

En été les petites disaient la prière à la grotte de la Sainte Vierge et retournaient à la maison à 5 heures, tandis que les grandes montaient à la salle pour danser ou à la bibliothèque pour des jeux de tables.  En hiver, il y avait aussi des répétitions pour les séances "Il était une fois".

 

Quand les religieuses se retirèrent en 1967/68, les dirigeantes prirent la relève avec un grand courage et firent évoluer le Patro selon la vie et les circonstances actuelles, ayant soin de le garder bien vivant.  La preuve : les camps qu'elles firent chaque année.

 

                                                   ----------------------------------------------------------------

 

 

Pour terminer et  enjoliver cette page consacrée à l'ancien patronage de Jupille voici quelques photos prises en 1978 à l'occasion du 90ème anniversaire de sa fondation, ainsi que quelques clichés qui datent eux de 1988 à l'occasion du centième anniversaire.

 

Patro06A

 

 

Patro06B

 

   

 Patro06C

 

 Les trois photos en noir et blanc ci-dessus ont été prises lors de la célébration eucharistique de 90ème anniversaire en 1978, le célébrant étant l'abbé Mathias Schmetz.  Sont présents tous les mouvements de jeunesse de l'époque.

 

 

Ci dessous des photos extraites du livre d'or, illustrant les festivités du centième anniversaire en 1988

 

Patro03B

 

 

 

 

 Patro04A

 

 

Patro04B

 

 Patro08A

 

Patro08B

Par CHLJ
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Texte Libre

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus