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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 06:26
Esquisse de la ferme Demolin

Esquisse de la ferme Demolin

L'ancienne ferme Demolin en "Mignon Havêye" fut détruite vers 1963. Cette ferme s'élevait à hauteur du numéro 167 de la Rue Charlemagne à Jupille, là où s'amorce la rue Demolin.

L'accès vers les prairies et la "Gripète" vers la Rue de Bois-de-Breux, à l'arrière, se devine entre un des piliers soutenant la barrière métallique et le mur clair (toujours existant) surmonté par des massifs de forme arrondie.

Le mur en moellons de grès houiller, sur la gauche de l'esquisse, est, lui aussi, toujours présent en 2016.

C'est dans cette ferme que trouva refuge une partie du bétail des fermes inondées en Basse-Droixhe en décembre 1925 et janvier 1926. Lors de la construction de la terrasse de sa nouvelle maison dans la toute proche Rue Michel Moutschen, Maurice Demolin, le dernier fermier exploitant, y fit insérer quelques vieilles pierres remarquables de son ancienne ferme à titre de souvenir.

Texte de Octave Warzée.

Emplacement actuel de la ferme Demolin, la rue portant son nom n'existait pas à l'époque

Emplacement actuel de la ferme Demolin, la rue portant son nom n'existait pas à l'époque

La ferme Demolin
vue du même endroit avec à gauche le mur en moellons de grès qui touchait la ferme en question.

vue du même endroit avec à gauche le mur en moellons de grès qui touchait la ferme en question.

Published by CHLJ (Commission d'Histoire Locale de Jupille)
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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 16:08
Exposition du Centenaire de la Belgique en 1930, on voit bien le Pont de Coronmeuse (qui deviendra Pont de l'Atlas V)  les cheminées de la centrale électrique de la Basse-Meuse (à l'extrême gauche), le fronton de l'énorme palais de l'électricité (au centre) l'église du Bouhay au clocher tronqué ( au quart droit) et les abattoirs (avant plan droit).

Exposition du Centenaire de la Belgique en 1930, on voit bien le Pont de Coronmeuse (qui deviendra Pont de l'Atlas V) les cheminées de la centrale électrique de la Basse-Meuse (à l'extrême gauche), le fronton de l'énorme palais de l'électricité (au centre) l'église du Bouhay au clocher tronqué ( au quart droit) et les abattoirs (avant plan droit).

Ces deux ouvrages ont une histoire commune, ils ont été projetés et construits simultanément et sont les signes d'une époque lors de laquelle la Belgique, en général, et les régions anversoise et liégeoise, en particulier, avaient choisi de panser les plaies de supplices récents (la guerre 1914-1918), de cultiver les vertus de l'esthétique, de la technique et de le faire savoir au monde par le biais d'une exposition internationale. En ces années 1920, le gouvernement belge vient de trancher : une exposition célébrera le centenaire de la Belgique en 1930 et les villes d'Anvers (pour les arts) et de Liège (pour les sciences et techniques) en seront les organisatrices entre le 3 mai et le 3 novembre.

 

 

 

Les autorités liégeoises sont ravies, cette "Exposition du Centenaire" leur rappelle le succès considérable qu'avait remporté celle de 1905 aux Vennes, à Fragnée et à la Boverie (7 millions de visiteurs) et l'intérêt qu'il y avait eu d'assainir et urbaniser ces portions peu hospitalières du territoire de la ville. Par ailleurs, ces mêmes autorités communales avaient bien ressenti la tiédeur, le peu d'empressement, du gouvernement de Bruxelles à l'égard du choix de Liège au vu du déficit affiché par les finances communales à la fin de la première guerre mondiale. Et justement, prenant cette frilosité à rebrousse-poil, le peuple de Liège prit fait et cause pour l'exposition et, argumentant de la remise à la Ville de Liège par la France de la Grand-Croix de la légion d'honneur pour faits d'héroïsme le jeudi 24 juillet 1919 devant 100.000 personnes sur la Place Saint-Lambert, ce peuple confirma la pérennité de la vaillance et de la ténacité des Liégeois.

 

Deux anciens du comité exécutif de 1905 vont être consultés afin d'entendre leurs conseils, il s'agit du magistrat Florent PHOLIEN et du banquier Émile DIGNEFFE (qui deviendra bourgmestre de Liège de 1921 à 1928). Des contacts se nouent, des réunions se programment et le lundi 22 décembre 1924, le bourgmestre DIGNEFFE invite à la Violette (Maison Communale de Liège) tout qui est élu, ingénieur/technicien, banquier/financier, industriel/artisan, enseignant/étudiant à Liège et alentours. Et, les décisions sont approuvées par acclamation : il y aura bien une exposition en 1930, elle sera dédiée aux sciences et aux techniques sur le territoire de Haute-Droixhe (Basse-Droixhe étant déjà occupée par la ligne ferrée n° 40 depuis 1861), de la Boverie (précédemment aménagée pour l'exposition de 1905) et de Coronmeuse ; des rues et ponts seront à prévoir afin d'assainir et moderniser la plaine alluvionnaire occupée par l'ancien champ militaire de manœuvres à Bressoux, des marais et quelques agriculteurs/horticulteurs (les DEFLANDRE, JONGEN, REYNDERS, …), traversée par la Lèche (un ruisseau) et lacérée par un hôtel à rats, l'antique bief de Roisse-Poisson à Jupille (déjà cité dans des textes de 1322 et figurant sur les cartes réputées de 1776 du général d'artillerie et comte autrichien Joseph de FERRARIS).

 

 

 

 

 

Plaine de Droixhe en 1914, ce bétail a été rassemblé par les fermiers des environs sur l'ancien champs de manœuvres à Bressoux-Droixhe sur ordre des autorités belges afin de devancer l'ordre de réquisition de l'armée allemande.

Plaine de Droixhe en 1914, ce bétail a été rassemblé par les fermiers des environs sur l'ancien champs de manœuvres à Bressoux-Droixhe sur ordre des autorités belges afin de devancer l'ordre de réquisition de l'armée allemande.

Avant 1925, la plaine de Droixhe s'étendait sur le territoire des communes de Bressoux et Jupille. Le premier objectif des Liégeois sera de racheter et rassembler les morceaux afin d'accroître le territoire de la ville. Les négociations s’initièrent et les élus, servis par leurs juristes, y allèrent de marchandages en compensations. Combien me vends-tu ? Oui …, mais …, combien si en échange je te donne ? Et, si en plus j’assainis ? Les autorités indigènes (c’est ainsi qu’étaient désignés les représentants de Bressoux et Jupille dans les textes) ont accepté les propositions, un accord a été signé, la Ville de Liège a donc acheté Droixhe, les limites communales vont être élargies.

 

 

Tir Communal de Liège

Tir Communal de Liège

Néanmoins, le problème de la survie de la gare en Basse-Droixhe va rapidement surgir à Jupille. Une partie des aires d'entreposage gêne les promoteurs et entrepreneurs du chantier car elles sont mal placées, elles s'étendent entre la voie ferrée et la Meuse, là où il faut combler Roisse-Poisson et là où doit être érigé un bâtiment imposant (qui deviendra le Tir Communal permettant d'héberger l'ancien Tir à la Cible qui, lui aussi, doit quitter le promontoire entre la Meuse et le Canal de Maastricht de 1849, soit l'actuel Parc Astrid). Les édiles jupillois, bourgmestre PRÉVERS en tête, veulent garder la gare intacte car, disent-ils, Jupille n'est plus un village champêtre, c'est maintenant une commune à "vocation industrielle" qui reçoit des produits, les transforme et puis les livre et le tout transite par la gare et ses locaux de stockage. Il est vrai que d'octobre 1920 à mai 1929, la population jupilloise augmente de 6.366 à 7.652 habitants, soit plus 20 % en moins de 9 ans. Cette vocation industrielle de Jupille en 1925 se concrétise par la présence de plusieurs entreprises : la brasserie et la chaudronnerie Jacques PIEDBŒUF, les distilleries et taillanderies HAVART et HAVARD, l'armurerie légère aux ateliers de Gaspard et Laurent LOCHET, le travail du bois aux scieries de Félix CHÉVAU et de Joseph FIVET, la société anonyme des Métaux Usinés, les Forges et Tôleries Liégeoises et la chaudronnerie BAILLY-MATHOT aux confins de la commune, à Bois-de-Breux (le charbonnage de la Violette aux Houlpays est moribond depuis 1916/17). Au recensement des conseils de prud'hommes de 1929 (les syndicats n'existent pas encore), sur les 7.652 Jupillois, on dénombre 1.612 ouvriers et 203 employés. S'ajoutent à cela de nombreux artisans gravitant aux alentours des sites évoqués plus haut. Afin de satisfaire les revendications des Jupillois, il fut décidé d'inscrire les entrepôts de la gare dans le périmètre d'une enclave qui serait exclue du territoire à racheter par la Ville de Liège.

Enclave ou pas, dès décembre 1930, la gare de Jupille fut placée sous la dépendance de celle de Bressoux et la suppression d'arrêts ou de services à la gare de Jupille ne cessera de s'accroître en raison de périls majeurs atteignant toujours davantage la gare du Longdoz qui était le terminus de la Ligne 40, vers Visé et Maastricht. La gare du Longdoz agonisera pendant des lustres avant d'expirer sous la masse des démolisseurs en 1975. Quant à la gare de Jupille, elle sera démolie en 1982.

 

 

Gare de Jupille

Gare de Jupille

Au cours des négociations concernant Droixhe, Jupille avait émis le vœu de voir tracer trois rues (l'Avenue Joseph PRÉVERS, l'Avenue de Jupille – sise partiellement sur la partie amont de l'ancien bief Roisse-Poisson et, le longeant sur sa rive droite, du sentier vers Coronmeuse qui rejoignait la jetée du Pont Ébèn/Eyben à la naissance du bief, l'ancien hippodrome, le passage d'eau vers Coronmeuse et la fabrique de l'artificier DRESSE – et la Rue du Gay Village) et construire deux ponts : un premier qui permettrait aux Jupillois de se rendre facilement vers l'Exposition du Centenaire et de bénéficier ultérieurement des investissements qui perdureront sur son domaine et un deuxième qui mettrait en communication immédiate la Rue de Visé et la nouvelle avenue à créer le long de la Meuse (Avenue de l'Indépendance qui deviendra Avenue Georges TRUFFAUT après la deuxième guerre mondiale et à laquelle s'ajoutera ou se substituera l'autoroute dès 1964).

Notons que le projet d'une rue et d'un passage à niveau entre la Place de Meuse et l'Avenue de l'Indépendance/Georges TRUFFAUT (en passant par les actuelles Place LIBOTTE et les bassins d'épuration de la brasserie) n'a jamais été réalisé.

 

 

Ce qui reste du pont Bonfond sur la ligne ferroviaire Liège - Maastricht et qui n'a plus de tablier.

Ce qui reste du pont Bonfond sur la ligne ferroviaire Liège - Maastricht et qui n'a plus de tablier.

Vue de la ligne de chemin de fer et de l'autoroute, ou se situait jadis le pont

Vue de la ligne de chemin de fer et de l'autoroute, ou se situait jadis le pont

Deux sites ont été retenus pour ces ponts : après avoir écarté la Rue Désiré SIMONIS uniquement dédiée à l'habitat et aux installations sportives longeant la ligne 40, le premier pont franchira les voies ferrées au départ d'un axe naissant Rue de Visé, à l'endroit de la ferme de Joseph REYNDERS, ferme située entre la scierie FIVET (actuel restaurant 111) et l'impasse bordée des quelques immeubles construits par l'entrepreneur DEMARCHE pour un certain DAMRY (impasse au coin de laquelle les sœurs BROSE tenaient une épicerie lors des inondations de janvier 1926) ; le deuxième pont franchira les voies ferrées à la limite des communes de Jupille et Wandre, à l'arrêt du tram vers Barchon (actuel Garage PAISSE), juste en face de l'ancien "Café de la Belle-Vue = Amon BONFOND = Chez BONFOND" situé au bas de l'actuelle Rue de la Forêt qui monte vers Rabosée (pont devenu inutile dès l'ouverture de l'autoroute en 1962, il n'en reste que les piliers car le tablier a été détruit). Ces deux ponts sont donc frères jumeaux, nés du même projet et construits à la même époque entre 1925 et 1930.

le pont Prévers côté rue de Visé vers le Marché Couvert

le pont Prévers côté rue de Visé vers le Marché Couvert

le même pont Prévers vers la rue de Visé

le même pont Prévers vers la rue de Visé

Pour les dédicaces accordées à ces deux ponts, deux patronymes ont été retenus :

 

-       Le premier pont : le bourgmestre de Jupille à l'époque, Joseph PRÉVERS, n'a probablement jamais pu visiter l'exposition car il est devenu gravement malade en mars 1930, malade au point d'être remplacé par l'échevin des finances Henri WARNANT (qui lui succédera au mayorat) et malade au point que plusieurs réunions du conseil communal et du collège se sont tenues à son domicile afin de maintenir intacte la répartition des mandats et l'équilibre politique lors des votes. Joseph PRÉVERS est décédé le mardi 21 avril 1931. Le deuil communal fut officialisé par la pose de morceaux de crêpe aux réverbères, la dépouille du bourgmestre fut exposée à l'ancienne Maison Communale (au 57 de la Rue Chafnay) où les élèves/enseignants des écoles communales défilèrent, les obsèques civiles eurent lieu le vendredi 24 avril à 17h. et un long cortège de sympathisants prit la direction du cimetière des Bruyères pour l'inhumation. L'émotion était palpable car Joseph PRÉVERS était connu de tous : entré en politique communale en tant que conseiller en 1894, cela faisait plus de trente-cinq ans qu'il rencontrait les citoyens desquels il était très apprécié. La dédicace "Joseph PRÉVERS" au pont et à l'avenue qui y mène s'est progressivement inscrite dans le langage des Jupillois. Le souvenir laissé par l'ancien bourgmestre était encore si vivace seize mois après son décès que, le 23 août 1932, le conseil communal de Jupille décide (par 8 voix contre 2) d'accorder la même dédicace à la nouvelle salle communale de loisirs/réunions récemment construite au n° 1 de la Rue Jean HERMESSE, en face du lavoir Charlemagne (du célèbre sculpteur Oscar BERCHMANS) et de l'ancienne ferme TENEILLE (à l'emplacement de laquelle un AD DELHAIZE – devenu Proxy DELHAIZE - a été construit dès août 1989).

Rappel : après les élections communales du D. 24 avril 1921, alors que le socialiste Joseph PRÉVERS venait d'être élu conseiller par la population puis désigné par ses pairs comme premier échevin et candidat au poste de bourgmestre en mai, le gouverneur de la Province (le libéral Gaston GRÉGOIRE) organisa les prestations de serment mais "oublia" de communiquer la liste au roi, d'où pas d'arrêté royal de nomination. C'est pour cette raison que Joseph PRÉVERS ne fut que "premier échevin faisant fonction de bourgmestre" jusqu'en septembre 1921 avant d'accéder réellement au titre de mayeur.

 

-       Le deuxième pont  : la dédicace "BONFOND" s'imposa naturellement parce que la population jupilloise désignait communément cette extrémité du territoire communal par la locution "Amon BONFOND = Chez BONFOND" en raison de l'ancien estaminet bien connu de l'endroit (devenu Garage PAISSE), situé juste au bas de la Rue de la Forêt (désignée erronément par certains comme étant la "Xhavée").

Cette dédicace ne concerne donc absolument pas Louis BONFOND né à Wandre le 7 novembre 1874, ancien surveillant provincial/géomètre/écrivain, embauché et nommé directeur technique à la commune de Jupille à partir du 1er septembre 1929, à l'âge de 55 ans.

C'est dans le béton du pilier méridional (côté Houlpays) de cet ancien pont BONFOND, au ras du ballast soutenant les rails, que j'ai retrouvé la trace de la croix Geury (1739) en octobre 1992.

 

L'exposition de 1930 à Droixhe/Boverie/Coronmeuse ne rencontra pas le succès espéré : au lieu des 12 millions de visiteurs attendus, seulement 6 millions se sont manifestés.

 

Si l'autoroute Liège-Maastricht a rendu inutile le Pont BONFOND et provoqué sa décapitation, cet axe routier a néanmoins justifié la construction en 1964 de deux autres ponts au-dessus des voies ferrées : le pont en face du marchand de pneus SIMONIS (rond-point en face de Jupi-Pneus) à Jupille et le pont à Souverain-Wandre qui mène vers le port pétrolier. J'ignore la dédicace que porteraient éventuellement ces deux ouvrages.

 

Le présent article sur les ponts Bonfond et Prévers à été rédigé par M.Octave Warzée en collaboration avec la Comission d'Histoire Locale de Jupille (CHLJ), la mise en page et les illustrations sont le travail de votre serviteur.

AJ.

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 15:01

Comme partout ailleurs, il y avait à Jupille quelques arbres remarquables. Parmi ces derniers, deux brillaient particulièrement, il s'agissait de deux "tiyoux - tilleuls" multicentenaires.  La tradition leur accordait presque mille ans.  Le premier planté le long de la pente de "Baille-Colleye - Barrière de Nicolas"  fut abattu, après décision communale, dans l'indifférence générale en 1846.  Le deuxième était beaucoup plus populaire (des manuscrits de 1514 l'attestent) et visible parce que planté sur Gît-le-Coq, le centre historique du village ;  cela va lui permettre de survivre une cinquantaine d'années.

le tilleul aujourd'hui disparut, devant l'actuel presbytère.

le tilleul aujourd'hui disparut, devant l'actuel presbytère.

La tradition locale prétend que peu après le dimanche 18 juin 1815, un des vainqueurs de Napoléon Bonaparte à Waterloo, le général prussien Gebhard Leberecht von Blücher (1742 - 1819) s'arrêta sous la ramure du vieux tilleur afin de consulter ses cartes lui indiquant de franchir la colline des Houlpays pour atteindre la Germanie.

Gebhard Leberecht von Blücher.

Gebhard Leberecht von Blücher.

Peu éloigné du presbytère, le tilleul inclinait ses frondaisons par-dessus la chapelle Notre-Dame de Beaurepart (détruite en 1850), vers la Place du Bac (fontaine d'Alpaïde ou de Saint-Lambert) et sur la Pierre de Justice.  Néanmoins, certains voisins se plaignaient de l'importance de sa couronne et, par conséquent, de l'ombre qu'il maintenait figée sur le sol.  

Le lundi 18 décembre 1899, deux cognées vont lui lacérer l'écorce et le faire basculer.  Après l'ouvrage, les deux bûcherons, les sieurs Olivier Halboister, dit Falowesse, 1837 -1909, lutteur bien connu à Jupille et dans la périphérie liégeoise (il avait une salle d'initiation à laquelle on accédait par la Place de Meuse, il était contemporain du champion du monde Henri Herd de la Rue Jean Warroquiers en Outre-Meuse - dit Constant le Marin, 1884 - 1965) et un certain Huges vont absorber un réconfortant dans un estaminet voisin et ils y prennent froid.  Quant à la dépouille de l'arbre, elle va échouer sur les wagonnets de la scierie de Joseph Fivet (actuel restaurant 111), près de chez le fermier Reynders (à l'endroit de la rampe vers le Pont Prévers), en face des Cours, afin d'être scrutée par l'oeil averti du pharmacien Edmond Jacquemotte (1867 - 1931) du 35 de la Rue Chafnay.  Ce dernier, comptant les stries concentriques du bois de coeur, détermina que le tilleul avait huit à neuf cents ans. 

 

l'actuel restaurant "le 111"

l'actuel restaurant "le 111"

Onze jours plus tard, soit le vendredi 29 décembre, le bûcheron Huges décède et son confrère est bien malade. "Malédiction" vocifèrent les uns, on n'abat pas un arbre presque millénaire, dont les rameaux vonr devenir des reliques.  Peu de temps après, le notaire André Mouton de Gît-le-Coq (il avait racheté le terrain de la chapelle de Beaurepart détruite en 1850 pour y établir sa demeure), qui lui aussi se plaignait des nuissances de l'arbre ancestral, mourut et puis le bourgmestre Désiré Simonis, lui aussi, passa de vie à trépas.  Décidément, le vieux tilleul portait malheur.

 

Ce long mur qui marquait jadis la limite du couvent des Minimes avait 200 ans en 1929 écrivait feu Madame Piedboeuf.

Ce long mur qui marquait jadis la limite du couvent des Minimes avait 200 ans en 1929 écrivait feu Madame Piedboeuf.

En novembre 1908, pour son premier anniversaire et tenant compte de l'indignation qu'avait provoquée l'abattage du vieux tilleul, la Société du Vieux Jupille en planta un nouveau à peu près au même endroit.  Une pierre fut gravée et inscrite, dans l'axe de la Rue Pépin-le-Bref, dans le bas du haut mur de la brasserie Piedboeuf, il y était ciselé : "Li 28 novimbre di l'an 1908, ci tioû chal a stu planté el plèce d'in aute qu'y a viké pu di 600 ans.  Inmans l'djône come nos tåys inmit l'vî ; i nos dårè tot parèy' si åbion et s'fleur  = Le 28 novembre de l'année 1908, ce tilleul-ci a été planté à la place d'un autre qui y a vécu plus de 600 ans.  Aimons le jeune comme nos aïeux aimaient le vieux, il nous donnera tout pareil(lement) son ombre et sa fleur".  Avec la disparition de la tour et de certains hauts murs à l'arrière de la brasserie sur Gît-le-Coq, la plaque commémorative, inscrite dans le haut mur dans l'axe de la Rue pépin-le-Bref, a maintenant, elle aussi, disparu.

 

 

La tour de la brasserie Piedboeuf.

La tour de la brasserie Piedboeuf.

Le lutteur Olivier Halboister (1837 - 1909) était un colosse moustachu doté d'une force peu commune.  Il a longtemps travaillé aux Chaudronneries Piedboeuf (1812 - 1947) et résidait à l'angle inférieur de la Rue Pokietonov (ancienne Rue Médard), là où elle débouche dans la rue Charlemagne.  Le voisin d'Olivier était son frère, Mathieu, ardoisier de profession.  Olivier et son épouse, Pétronille Guillaume (1837 - 1911), avait 11 enfants ; son frère en avait 17, soit 28 enfants pour 2 maisonnettes.

  

angle inférieur de la Rue Pokietonov et de la Rue Charlemagne.

angle inférieur de la Rue Pokietonov et de la Rue Charlemagne.

Cet article a été rédigé par O.Warzée en collaboration avec la Commission d'Histoire locale de Jupille.

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 16:19

Ce samedi 19 décembre 2015, s'est déroulé au Monument aux Morts de la guerre 14-18 du cimetière des Bruyères, à l'initiative de la Commission d'Histoire Locale de Jupille, un hommage à un Jupillois d'exception : Mathieu Bodson.

 

Cette cérémonie s'est voulue dans l'intimité de la famille et des personnes attelées à la recherche de renseignements sur Pitje et ses proches.  

 

Ainsi, en présence de Mathieu et Marc Bodson, fils et petit-fils du filleul de Pitje, de Roger Bodson, petit-cousin, Ida Detilleux, Présidente de la CHLJ (Commission d'Histoire Locale de Jupille) a retracé brièvement le parcours de ce jeune héros et les raisons de notre venue ce jour.  La réfection du mobilier funéraire et la réalisation d'un nouveau livre de pierre dédié à Pitje par la Ville de Liège et la Commission d'Histoire Locale fut l'occasion de cette réunion rendue encore plus émouvante par la lecture des lettres de Pitje à sa mère et de sa maman aux oncles et tantes de son fils.

 

Qu'aurait-il pensé, notre héros jupillois, de cette émotion, 99 ans après sa mort ?  

 

 

Monument aux Morts de la Guerre 1914 - 1918,  cimetière des Bruyères à Jupille

Monument aux Morts de la Guerre 1914 - 1918, cimetière des Bruyères à Jupille

Marc et Mathieu Bodson, petit-fils et fils du filleul de Pitje.

Marc et Mathieu Bodson, petit-fils et fils du filleul de Pitje.

Les remerciements aux personnes et services impliqués et le dépôt d'une gerbe de fleurs ont clôturé ce moment de recueillement.

 

L'an prochain, le 14 septembre 2016, il y aura cent ans que Mathieu Bodson a été fusillé par les Allemands pour actes de résistance. En novembre 2016, une commémoration officielle, une exposition et un chemin du souvenir lui seront consacrés, ainsi qu'à d'autres combattants de la première guerre mondiale.

 

Étaient présents : Mathieu, Marc et Roger Bodson, membres de la famille de Pitje ; Ida Detilleux, Présidente de la Commission d'Histoire Locale de Jupille ; Angela Cutillo du Foyer Culturel de Jupille - Wandre ; Octave Warzée, Henry Abeloos et Freddy Lhermitte qui offrent leur aide à la CHLJ pour réunir un maximum de renseignements et de documents sur Mathieu Bodson ; Bernadette Dodrimont, Georgette Califice, André Lecoq et Alfred Jamin, membres de la CHLJ ; ainsi que deux sympathisants.

 

Georgette Califice lit la lettre de la mère de Pitje aux oncles et tantes de son fils.

Georgette Califice lit la lettre de la mère de Pitje aux oncles et tantes de son fils.

Ida Detilleux, explique les raisons de notre présence au pied du monument.

Ida Detilleux, explique les raisons de notre présence au pied du monument.

Alfred Jamin lit la lettre poignante de Mathieu Bodson adressée à sa maman la veille de sa mort

Alfred Jamin lit la lettre poignante de Mathieu Bodson adressée à sa maman la veille de sa mort

le dépôt d'une gerbe de fleurs
le dépôt d'une gerbe de fleurs

le dépôt d'une gerbe de fleurs

Le livre de pierre dédié à Pitje.

Le livre de pierre dédié à Pitje.

aperçu de la cérémonie

aperçu de la cérémonie

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 13:42

Le château Piedboeuf s'élevait tout comme d'autres dans l'axe de la rue de Visé, plus exactement à côté de la place du Bac.  Entre l'ancien bâtiment de l'embouteillage et l'ancienne tour Piedboeuf. A mon époque il était presque complètement recouvert de lierre.  

 

C'était une construction un peu biscornue selon la mode de l'époque, avec une toiture à plusieurs sommets et pentes multiples, une façade avec profusion de pierres de Meuse.

Son flanc gauche était contigu de la brasserie familiale dont les ateliers s'ouvraient sur la rue de Visé et le Thier du Bossî.

 

Il fut conservé jusqu'il n'y pas longtemps mais pratiquement absorbé par les constructions industreilles modernes.  Tout au début de ma carrière dans cette belle entreprise ce bâtiment abritait le service des achats.  Plusieurs noms de personnes qui y travaillaient me reviennent à l'heure ou j'écris ces lignes : messieurs Taxhet, Alexandre, Haegen ...

 

le château Piedboeuf tel que je l'ai connu en 1965.

le château Piedboeuf tel que je l'ai connu en 1965.

le même château au début du 20ième siècle

le même château au début du 20ième siècle

Le château Piedboeuf
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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 16:04

Ce beau bâtiment aussi nommé château Ledent, du nom du directeur du charbonnage de Queue-du-Bois, occupait l'angle des rues de Visé et de la rue de la Station, actuellement rue des Anciennes Houblonnières.

 

 

Carrefour de la rue de Visé et de la rue de la Station à gauche.

Carrefour de la rue de Visé et de la rue de la Station à gauche.

Son beau jardin, ombragé de hêtres pourpres, s'étirait le long de la rue de Visé jusqu'à l'emplacement de l'actuel bureau de poste.  C'est dans ce bâtiment que j'ai pris mes fonctions fin de l'année 1964, c'était en effet au rez-de-chaussée qu'était installé le département du personnel et à l'étage le bureau d'études, soit une petite vingtaine de personnes. 

 

Cette belle maison de maître fut racheté par la brasserie Piedboeuf, puis rasé pour la construction du building Piedboeuf actuellement abandonné.  

 

 

emplacement du Château "Chevau" à l'heure actuelle

emplacement du Château "Chevau" à l'heure actuelle

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 15:32

Ce bâtiment fort bien connu des jupillois s'élève à droite du Thier des Minimes, sur une terrasse soutenue par un haut mur de moellons noircis par les siècles et limité par le rue Gît-le-Coq.

C'était intitialement la demeure de Monsieur Orval, directeur général de la chaudronnerie Piedboeuf, officiellement appelée "Etablissements Jacques Piedboeuf" et dont la fille Marcelle épousa Henri Piedboeuf, brasseur de son état.

La maison rectangulaire, présente sa façade principale vers la rue de l'Eglise et son pignon gauche sur la rue Gît-le-Coq.

C'est  une construction de briques roses et de pierre de Meuse. A droite, une grille en fer forgé donne accès à un magnifique jardin.  L'entrée de service et le garage s'ouvrent sur la rue Gît-le-Coq.

Dans les années 60 ce fut la demeure de Madame Piedboeuf - Orval. Après son décès le rez-de-chaussée fut transformé en restaurant d'entreprise pour les cadres de la brasserie Piedboeuf. 

 

 

 

vue de la maison Piedboeuf en cette année 2015.

vue de la maison Piedboeuf en cette année 2015.

vue d'un autre angle.

vue d'un autre angle.

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 15:21

Le château Auguste Ponson, ancien bourgmestre de Jupille, s'ouvrait sur la rue de Visé par une grille en fer forgé ; le printemps offrait la magnificence de la floraison des deux énormes magnolias qui encadraient deux grands cerfs de bronze.

 

Il fut acheté par la brasserie Piedboeuf et abritait dans les années 1960 le département de la promotion des ventes, qu'on surnomme actuellement le marketing.  

 

Ce château fut aussi dénommé le château Bousquet - Ponson. C'est sous ce nom que je l'ai connu au début de ma carrière à la brasserie.  Il fut détruit à la fin de la décennie 60 si mes souvenirs sont exactes.

 

 

Vue sur la rue de Visé avec à l'avant plan sur la droite une partie du château en question.

Vue sur la rue de Visé avec à l'avant plan sur la droite une partie du château en question.

le château Bousquet - Ponson bien avant la construction de la tour Piedboeuf

le château Bousquet - Ponson bien avant la construction de la tour Piedboeuf

le château en l'an 1910.

le château en l'an 1910.

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 14:32

Le château Bihet occupait un vaste triangle délimité par li vôye dî Lîdje, actuellement rue Charlemagne, la rue de Visé et l'emplacement de l'actuelle rue Bihet.

 

Le château existe encore de nos jours au coin des rues Bihet et Charlemagne : c'est une haute demeure de briques roses, dont la façade s'ouvre à gauche et à droite par de larges baies arrondies décorées de vitraux "modern style".  Aujourd'hui la demeure est divisée en plusieurs habitations privées 

le château Bihet en 1910

le château Bihet en 1910

ce qu'il en reste de nos jours...

ce qu'il en reste de nos jours...

une autre vue, malheureusement encombrée des fils électriques.

une autre vue, malheureusement encombrée des fils électriques.

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 14:10

Inclus dans les bâtiments du couvent des Chanoinesses, le "château" de Jupille est considéré par certains Jupillois comme un vestige du palais francs occupé jadis par Pépin II de Herstal, Pépin III le Bref (7ième - 8ième siècles), maires du Palais sous les Mérovingiens ; il serait le lieu de naissance de Charlemagne.

 

D'autres le font remonter au 16ième siècle. Le bâtiment montre des murailles épaisses, en blocs de grès grossièrement taillés. Le château a été occupé par des familles de siegneurs : la famille de Bex, puis la famille Xhenemont, ensuite la famille Moffart qui en sera propriétaire jusqu'à la Révolution Française de 1789.

 

En 1853, Jean-Théodore Piedboeuf et son fils Jacques installent une petite brasserie dans les caves de la tour Charlemagne ; elle sera louée puis vendue en 1885 aux Chanoinesses de Saint Augustin.

 

Un souterrain passant sous la Meuse l'aurait reliée à la Charlemagnerie de Herstal dont la construction présente les mêmes caractères que celle de Jupille. Une partie du souterrain se serait éboulée au cours des siècles.

 

La tour Charlemagne

La tour Charlemagne

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